Lettre à ceux qui n’y croient plus
Vidéo publiée le 14 mars 2026 par Praxis, le média d’action citoyenne fondé par François Boulo.
L’essentiel
- La vidéo s’adresse à ceux qui ont décroché de la politique, lassés d’un spectacle de « clashs » et de « buzz » et d’un vote qui revient tous les cinq ans sans rien changer.
- Son principe : les élus sont payés par nos impôts, donc « l’employeur, c’est nous », et c’est à nous d’écrire leur fiche de poste, à commencer par celle du prochain président.
- La méthode : écarter d’abord les sujets qui divisent et faire émerger, par des votes hebdomadaires sur une plateforme, les mesures qui rassemblent au moins 75 % des participants.
- L’orateur ne promet pas le succès. Il présente Praxis comme un moyen de « se compter » pour peser, sans milliardaire ni mécène, et sans possibilité de revente.
Le constat : une lassitude partagée
L’orateur part des phrases qu’il entend autour de lui : « il y en a marre de la politique », « c’est tous les mêmes », « le système est trop fort ». Il y voit une fatigue largement partagée face au spectacle des responsables politiques et des médias, fait de clashs et de coups d’éclat, où chacun tire la couverture à soi sans rien proposer de constructif.
Le citoyen, lui, n’est consulté qu’une fois tous les cinq ans. On sait ce qui s’est passé les fois précédentes, dit-il, mais on « remet une pièce dans la machine » faute d’autre moyen d’expression. D’où sa formule : il est temps de « siffler la fin de la récréation », car les élus ont assez joué avec les nerfs, la patience et la vie des Français.
Le principe : l’employeur, c’est nous
L’idée centrale tient en une phrase. Les représentants sont payés avec l’argent des impôts, donc les citoyens sont leurs employeurs. Il leur revient de définir ce qu’ils attendent d’eux.
L’orateur appuie ce propos sur son parcours, puisqu’il dit avoir « raccroché [sa] robe d’avocat ». Il ne supportait plus que des décisions prises d’en haut « saccagent tout » ni de subir une justice « devenue injuste ». Il en a conclu qu’on ne peut plus changer le système de l’intérieur, car « on est allé trop loin ». Il appelle donc à une rupture « claire, radicale », mais « organisée et intelligente ».
La stratégie : l’acte 1, écrire la fiche de poste du président
Praxis annonce une démarche par étapes. L’acte 1 consiste à rédiger les fiches de poste des représentants, en commençant par celle du président de la République élu en 2027. Pour cela, les sujets qui fâchent sont volontairement mis de côté et renvoyés à un acte 2. Il s’agit d’abord de faire émerger les mesures qui rassemblent, « qu’on soit de droite, de gauche ou d’ailleurs », et dont l’orateur estime qu’elles auraient dû être votées depuis des années.
La vidéo en donne une première liste, présentée comme un simple « échauffement » :
- imposer un casier judiciaire vierge aux élus ;
- interdire le pantouflage des hauts fonctionnaires, c’est-à-dire leur passage vers le privé ;
- reconnaître le vote blanc ;
- réserver les aides publiques aux PME ;
- renationaliser les autoroutes ;
- instaurer des peines planchers de prison pour les fraudeurs fiscaux ;
- sortir du marché européen de l’électricité ;
- fixer des prix planchers pour les agriculteurs ;
- garantir l’indépendance de l’IGPN, la « police des polices » ;
- supprimer les avantages à vie des anciens ministres ;
- limiter la concentration des médias et les obliger à déclarer leurs conflits d’intérêts.
« La liste est interminable », ajoute l’orateur : si toutes ces mesures passaient, « on respirerait un peu mieux ».
L’outil : une plateforme de vote et un seuil de 75 %
Pour y parvenir, Praxis a créé une plateforme de vote présentée comme sécurisée, anonyme et gratuite. Chaque semaine, un nouveau sujet est soumis au vote. Le média fournit les éléments pour comprendre, la plateforme donne le pouvoir de trancher.
Le seuil retenu est exigeant : lorsqu’au moins 75 % des votants soutiennent une mesure, Praxis considère qu’elle exprime « la volonté du peuple ». Cette légitimité doit servir à faire pression sur les responsables politiques, sur les candidats à la présidentielle, puis sur le président élu. L’orateur résume l’esprit de la démarche : « pour une fois, on ne joue pas avec les règles du système, on impose les nôtres ».
Se compter pour peser
L’orateur reconnaît qu’il ne sait pas si cela marchera, ni combien de personnes rejoindront le projet. C’est justement le but de Praxis : permettre de « se compter, pour de vrai ». Aujourd’hui, les mécontents sont dispersés, « chacun dans notre coin à râler devant notre écran », et donc invisibles.
Il distingue deux scénarios. Avec quelques milliers d’inscrits, ce serait un début, déjà capable d’influencer le débat public. Avec des centaines de milliers, voire davantage, Praxis deviendrait « une force politique avec laquelle il faudra compter ». Tout dépend donc de la participation.
Indépendance et engagement personnel
Pour rendre le projet « inattaquable », Praxis met en avant sa structure : c’est une société détenue par une association à but non lucratif, qui « ne sera jamais vendue ». Il n’y a « pas de milliardaire, pas de mécène caché », seulement le public. La vidéo appelle à s’inscrire sur la plateforme, à partager le projet et, si possible, à s’abonner pour le financer.
L’orateur conclut sur une note personnelle. Il dit mettre « tout ce qu’[il a] dans la balance » : son temps, son énergie et ses économies. Il ignore si c’est « le chemin gagnant », mais se dit convaincu que c’est le bon, celui de ceux qui, « malgré les blessures du passé », relèvent la tête pour construire quelque chose de positif. À la question de savoir si un autre monde est possible, il répond qu’il n’en sait rien, mais qu’il a envie d’y croire et de se battre pour le faire advenir.
Points d’attention
La vidéo est un appel militant à rejoindre Praxis, pas une analyse. Plusieurs points restent ouverts. Les participants à la plateforme se sélectionnent eux-mêmes et ne forment pas un échantillon représentatif des Français : un seuil de 75 % parmi eux ne vaut donc pas majorité dans le pays. Par ailleurs, plusieurs mesures de la liste, comme la sortie du marché européen de l’électricité ou la renationalisation des autoroutes, ont un coût et des implications juridiques que la vidéo n’aborde pas.
Ce résumé rend compte de la thèse défendue par la vidéo ; il ne vaut pas approbation. Praxis assume une ligne engagée : son propos est à confronter à d’autres sources.
Source : Lettre à ceux qui n’y croient plus, praxismedia.fr, consulté le 20 octobre 2026.
Sources
- Vidéo
-
Site web
Lettre à ceux qui n’y croient plus (nouvel onglet)
Page de la vidéo sur praxismedia.fr, source de cet article.