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Réflexions libres d’un citoyen français : Éthique, philosophie et politique

Baisser les impôts ? L’arnaque qu’ils nous font à chaque fois

Par Abel PERROT, le

Vidéo publiée le 27 juin 2026 par Praxis, le média d’action citoyenne fondé par François Boulo.

L’essentiel

  • Pour Praxis, la promesse de « baisser les impôts » portée par Gabriel Attal et Édouard Philippe prolonge une politique qui a surtout profité aux plus fortunés.
  • Les baisses d’impôts depuis 2017 n’ont pas relancé la croissance et expliquent l’essentiel du dérapage du déficit : la dette les a financées.
  • La transformation de l’ISF en IFI a divisé par trois l’investissement dans les PME qu’elle était censée encourager.
  • Praxis propose deux mesures : un impôt fondé sur la citoyenneté contre l’exil fiscal, et le retour de l’ISF avec un crédit d’impôt de 100 % pour l’investissement dans les PME.

Qui a vraiment profité des baisses d’impôts ?

En 2019, Emmanuel Macron promettait de baisser les impôts « du maximum de nos concitoyens », d’abord des classes moyennes. Le bilan est contrasté : la suppression de la taxe d’habitation a bénéficié aux classes moyennes, mais les grands gagnants sont les plus fortunés. Baisse de l’impôt sur les sociétés, flat tax, transformation du CICE en baisse de cotisations, remplacement de l’ISF par l’IFI : selon l’Institut des politiques publiques (novembre 2021), le niveau de vie des 0,1 % les plus aisés a progressé de près de 4 %.

La flat tax, prélèvement unique de 30 % sur les revenus du capital (dividendes, plus-values), profite par construction aux détenteurs d’actions et de gros patrimoines, pas aux ménages qui vivent de leur travail. Les baisses d’impôt sur les sociétés et de cotisations profitent, elles, aux entreprises, et pour une large part aux grands groupes. Une commission d’enquête sénatoriale a recensé plus de 2 200 dispositifs d’aides aux entreprises, pour 211 milliards d’euros par an.

Une politique de l’offre qui n’a pas tenu ses promesses

La justification officielle est la « politique de l’offre » : alléger la fiscalité des entreprises et des plus riches doit améliorer la compétitivité, faire « ruisseler » la richesse et relancer la croissance. Or, après le rebond d’après-Covid, la croissance n’a cessé de ralentir : 1,44 % en 2023, 1,19 % en 2024, 0,9 % en 2025.

L’exemple de l’ISF est le plus parlant. Cet impôt touchait environ 350 000 foyers au patrimoine supérieur à 1,3 million d’euros et rapportait plus de 4 milliards par an. Il portait sur tout le patrimoine, immobilier et financier, mais offrait un crédit d’impôt de 50 % des sommes investies dans le capital des PME : un contribuable redevable de 10 000 euros pouvait investir 20 000 euros dans une PME et ne plus rien devoir. Le dispositif encourageait donc l’investissement.

En 2018, l’ISF devient l’IFI, qui ne porte plus que sur l’immobilier. Les patrimoines financiers n’étant plus taxés, l’incitation à investir dans les PME disparaît. France Stratégie constate en 2020 que les fonds levés par les véhicules d’investissement de proximité et d’innovation sont passés de plus d’un milliard d’euros en 2017 à 318 millions en 2019. Résultat, selon la vidéo : un cadeau aux plus riches, dont le patrimoine est surtout financier, un impôt maintenu pour les « petits riches » propriétaires, et une perte de recettes de 2 à 3 milliards par an.

Même logique pour le CICE et les aides aux entreprises : plus de 200 milliards d’euros par an, versés sans contrepartie d’emploi ou d’investissement, et sans suivi.

Le déficit vient de la baisse des recettes

Le déficit public est passé de 60 milliards d’euros en 2018 à 170 milliards en 2024. Le Covid n’explique pas tout : hors crise sanitaire, les dépenses sont restées relativement stables, alors que les recettes fiscales ont nettement baissé. Pour Praxis, ce sont donc les baisses d’impôts qui ont creusé les comptes, financées par l’emprunt. La dette dépasse 3 500 milliards d’euros et coûte désormais 70 milliards d’intérêts par an ; avec un déficit supérieur à 5 % du PIB, la France est sous surveillance européenne.

Conclusion de la vidéo : Gabriel Attal et Édouard Philippe ne pourront pas baisser les impôts, « parce qu’ils l’ont déjà trop fait ». Pour redresser les comptes sans revenir sur ces baisses, ils proposent de réduire les dépenses, donc les budgets des hôpitaux ou des remboursements de santé. La logique est jugée absurde : on baisse les impôts des plus riches pour la croissance, la croissance ne vient pas, le déficit se creuse, et l’on demande aux autres de se serrer la ceinture.

Le chantage à l’exil fiscal

L’argument avancé pour ne pas revenir en arrière est toujours le même : sinon, les riches partiront. La vidéo y oppose l’article 13 de la Déclaration des droits de l’homme : la contribution commune doit être « également répartie entre tous les citoyens en raison de leurs facultés ». Or les 0,01 % les plus riches, moins de 4 000 foyers gagnant au moins 100 000 euros par mois, paient proportionnellement bien moins que les autres, par l’évasion fiscale ou en laissant leurs revenus s’accumuler dans des holdings. Pour les 75 foyers les plus riches, le taux réel d’imposition tombe à 26 % au lieu de 59 %. Un notaire ou un cardiologue de province paie ainsi un taux plus élevé que les plus grandes fortunes.

Cette concentration nuit aussi à l’économie. Au-delà d’un certain niveau, les très hauts revenus ne se consomment plus : ils s’épargnent et vont en Bourse. Or plus de 98 % des transactions boursières se font sur le marché secondaire, où l’on s’échange des actions existantes sans apporter un euro aux entreprises. Seules les émissions d’actions nouvelles (marché primaire) financent réellement l’économie. Cette épargne nourrit donc surtout la spéculation.

Deux propositions

Un impôt fondé sur la citoyenneté. Aujourd’hui, on est imposable en France si l’on y réside plus de 183 jours par an ; il suffit donc de s’installer à l’étranger pour échapper à l’impôt. Sur le modèle des États-Unis, tout citoyen français resterait redevable de l’impôt en France, sans double imposition : il paierait ses impôts dans son pays de résidence, puis verserait au fisc français la différence s’il paie moins qu’en France. Un seuil élevé limiterait la mesure aux 4 000 foyers les plus riches, et la règle s’appliquerait pendant dix ou quinze ans même en cas de renonciation à la nationalité, avec un paiement anticipé au moment du départ.

Le retour de l’ISF, avec un crédit d’impôt de 100 % pour l’investissement dans les PME. Tout le patrimoine, financier compris, serait de nouveau taxé, mais chaque euro investi dans le capital d’une PME viendrait en déduction. Les plus fortunés choisiraient entre payer l’impôt ou financer l’économie réelle ; dans les deux cas, le pays y gagne.

La vidéo cite d’autres chantiers à ouvrir ensuite : mesurer la fraude fiscale, imposer les bénéfices non distribués des holdings, rendre transparents les flux financiers intragroupes et supprimer les niches fiscales inefficaces.

Ce résumé rend compte de la thèse défendue par la vidéo ; il ne vaut pas approbation. Praxis assume une ligne engagée : son propos est à confronter à d’autres sources.

Source : Baisser les impôts ? L’arnaque qu’ils nous font à chaque fois, praxismedia.fr, consulté le 20 octobre 2026, également publiée sur YouTube.

Sources