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Réflexions libres d’un citoyen français : Éthique, philosophie et politique

Le coup de poker de Marine Le Pen : génie ou chaos à venir ?

Par Abel PERROT, le

Vidéo publiée le 11 juillet 2026 par Praxis, le média d’action citoyenne fondé par François Boulo.

L’essentiel

  • La cour d’appel de Paris a confirmé en juillet 2026 la culpabilité de Marine Le Pen dans l’affaire des assistants parlementaires européens, mais avec une inéligibilité déjà purgée : elle peut être candidate.
  • En se pourvoyant en cassation, elle suspend sa peine (dont un an ferme sous bracelet électronique) et redevient présumée innocente pendant la campagne.
  • La Cour de cassation a annoncé qu’elle statuerait au plus tard début avril 2027, juste avant le premier tour : Praxis y voit une ingérence de la justice dans l’élection.
  • Praxis, qui précise ne soutenir aucun candidat, propose de remplacer l’appréciation des juges par une règle simple : l’inéligibilité à vie pour toute condamnation liée à un enrichissement personnel.

Le jugement et le retournement

En première instance, le 31 mars 2025, Marine Le Pen avait été condamnée pour détournement de fonds publics à quatre ans de prison dont deux avec sursis, 100 000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire. Tout semblait indiquer que Jordan Bardella serait le candidat du RN.

Le 7 juillet 2026, la cour d’appel confirme la culpabilité mais, soulignant l’absence d’enrichissement personnel, allège les peines : trois ans de prison dont deux avec sursis, 100 000 euros d’amende, 45 mois d’inéligibilité dont 30 avec sursis. Ayant déjà purgé quinze mois d’inéligibilité ferme, Marine Le Pen redevient éligible. Reste un an de prison ferme, aménageable sous bracelet électronique, condition dans laquelle elle avait exclu de faire campagne. La décision semblait habile : elle la rendait juridiquement candidate sous une condition qu’elle avait elle-même refusée.

Le pourvoi : gagnant dans tous les cas ?

Le soir même, Marine Le Pen annonce un pourvoi en cassation. En matière pénale, ce recours suspend l’exécution de l’arrêt d’appel. Elle échappe ainsi au bracelet et, surtout, elle redevient présumée innocente : aucune condamnation n’est définitive. Le procureur général près la cour d’appel le confirme.

Ses chances de gagner en cassation sont quasi nulles, mais l’enjeu est ailleurs : ne pas faire campagne sous le poids d’une condamnation définitive pour détournement de fonds publics. Ce type de dossier se traite habituellement en douze à dix-huit mois. Si elle est élue, l’immunité présidentielle reporte l’exécution de la peine à la fin de son mandat ; si elle perd, elle aura fait campagne dans les meilleures conditions. « Pile, je gagne ; face, je gagne aussi. »

La Cour de cassation et le calendrier électoral

Un risque demeurait : la Cour de cassation avait annoncé qu’elle statuerait début 2027 si elle était saisie. Une confirmation en pleine campagne obligerait Marine Le Pen à porter le bracelet au pire moment. Son avocat a donc soutenu que la procédure accélérée ne se justifiait plus : elle avait été envisagée parce que l’inéligibilité l’empêchait d’être candidate ; ce n’est plus le cas.

Dès le lendemain, le 8 juillet, la Cour de cassation annonce pourtant qu’elle rendra sa décision au plus tard début avril 2027, juste avant le premier tour fixé au 18 avril. Pour Praxis, c’est une provocation et une ingérence. De deux choses l’une : soit Marine Le Pen est traitée comme n’importe quel justiciable, et jugée dans des délais normaux, après l’élection ; soit elle bénéficie d’un traitement d’exception, et doit être jugée en janvier ou février 2027, assez tôt pour ne pas fausser le scrutin.

Des juristes évoquent même un scénario extrême : si la Cour de cassation lui donnait raison et cassait l’arrêt d’appel, le jugement de première instance, avec ses cinq ans d’inéligibilité, pourrait retrouver ses effets dans l’attente d’un nouveau procès. À quinze jours du premier tour, le Conseil constitutionnel devrait alors reporter l’élection en vertu de l’article 7 de la Constitution. Le procureur général près la Cour de cassation, Rémy Heitz, a toutefois écarté l’idée qu’un simple pourvoi fasse revivre la première condamnation.

Deux poids, deux mesures ?

La vidéo replace l’affaire dans un climat de soupçon : un pouvoir jugé de plus en plus autoritaire, des législatives de 2024 dont le résultat aurait été « bafoué », et une justice qui semblerait épargner les uns et frapper les autres. François Bayrou, poursuivi pour le même système d’assistants parlementaires européens, a été relaxé alors que son parti, le MoDem, était condamné, faute de preuve qu’il connaissait les emplois fictifs. Praxis cite aussi une série de proches du président passés « entre les mailles du filet » : Éric Dupond-Moretti, Gérald Darmanin, Richard Ferrand, Sébastien Lecornu, Rachida Dati, Alexis Kohler. À l’inverse, Sophia Chikirou (LFI) a été convoquée en justice juste avant les municipales à Paris pour des faits de 2018, avant une condamnation très limitée rendue après le scrutin.

Le parallèle étranger est celui du Brésil : Lula, condamné et emprisonné en 2018, n’a pu se présenter, ce qui a ouvert la voie à Jair Bolsonaro ; un an plus tard, des révélations ont mis au jour un complot politique. C’est le lawfare, l’instrumentalisation de la justice. L’affaire Fillon de 2017 est aussi évoquée. Pour Praxis, quand la justice écarte un candidat ou ruine sa réputation en pleine campagne, elle prive les électeurs de leur libre choix ; et un conflit politique non tranché par les urnes risque de se régler par la violence. La vidéo salue d’ailleurs la cour d’appel d’avoir invoqué la liberté de choix de l’électeur pour réduire l’inéligibilité.

La proposition : l’enrichissement personnel comme critère

L’idée du « casier vierge » pour les élus est populaire. Ironie relevée par la vidéo : Marine Le Pen réclamait autrefois l’inéligibilité à vie pour toute atteinte à la probité, détournement de fonds compris. Praxis juge dangereux de confier un tel pouvoir aux juges et propose un critère plus net : l’inéligibilité à vie, automatique, pour toute condamnation liée à un enrichissement personnel (escroquerie, fraude fiscale, corruption), que les faits aient été commis pendant un mandat ou non. La personne garde son droit à la réinsertion, mais ne peut plus gérer l’argent public. Cette règle écarterait les « vrais profiteurs » sans permettre d’éliminer un candidat pour des montages financiers liés à son parti, et éviterait le retour d’anciens élus corrompus des décennies plus tard. Pour le reste, c’est aux citoyens de choisir.

Ce résumé rend compte de la thèse défendue par la vidéo ; il ne vaut pas approbation. Praxis assume une ligne engagée : son propos est à confronter à d’autres sources.

Source : Le coup de poker de Marine Le Pen : génie ou chaos à venir ?, praxismedia.fr, consulté le 20 octobre 2026, également publiée sur YouTube.

Sources